Dehors est un écran (Jean-Pierre Plundr), 1992

Dehors est un écran. Les murs sont des feuilles de carnet. Le soleil prend des notes sur le sentier. ll écrit sans mots. Aveuglement du temps. La vie est cette poésie sans les poèmes. Image absente. Monté sur l’échafaudage des collines, le peintre retrace de mémoire le plan de ce qu’iI a oublié. ll précise sa version des faits. Son regard est un manifeste. Le monde : cette vitre où brûle, entre ses doigts, l’éclipse du présent. Cela se multiplie, se retranche et se découpe sur fond de siècles raturés ou gommés. Voir est une décision grave, car à partir de ce moment, fatal, où l’espoir même perdu dessine le lieu géométrique de nos rêves, notre patience n’a plus de limites.

sur les Découpages de Jean-Pierre PLUNDR, pour les « portes ouvertes » des ateliers d’artistes, Auvers-sur-Oise, automne 1992.

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